Guérison et chemin de foi

par le Frère Jean-Dominique DUBOIS, ofm

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     L'homme n'est pas fait pour souffrir. Devant inexorablement affronter la maladie, la souffrance et le mal sous toutes ses formes l'homme cherche ce qui pourra le sortir des entraves à son bonheur. Jésus offre largement le soulagement de la souffrance jusqu'à guérir totalement certains malades. Il va jusqu'à faire revenir des morts la petite fille du chef de synagogue, le fils de la veuve de Naïm, son ami Lazare. Le mal le plus terrible qui ronge le coeur de l'homme, le péché, le regret d'avoir mal engagé sa liberté, cela aussi, cela d'abord, Jésus le guérit en le pardonnant.

Serviteur du soulagement de la souffrance

     L'exemple du paralytique porté par quatre hommes, parvenu à Jésus après avoir fendu une foule dense et percé le toit de la maison, est célèbre (cf. Ci-contre). Cet épisode illustre fort bien la soif des hommes de courir après toutes sortes de guérisseurs ou de maîtres ayant à leurs yeux la solution miracle de l'apaisement à leur souffrance.

     La tentation est grande, pour celui qui est médiateur du soulagement de la souffrance, de jouer la partition pour son propre intérêt ou à des fins éloignées du soin des malades. La tentation n'est pas moins grande pour les foules de porter sur le médiateur une attente dévoyée. Dans ce cas, malheur à la médiaton médicale qui ne répond pas aux volontés du patient. Procès et calomnies en tout genre peuvent s'en suivre.Le miroir aux alouettes étant ici le fait du demandeur dans une projection quelque peu narcissique ou fort orientée.

     Jésus aura soin de prendre la bonne posture. Il ne peut en être autrement pour l'Envoyé de Dieu. Il veillera rigoureusement à ne pas laisser ses auditeurs dans des illusions factices au sujet de sa personne et de sa mission.

La libération annoncée par Jésus et l’Eglise

     Jésus annonce bien le soulagement de la souffrance jusqu'à sa disparition complète. Il promet des cieux nouveaux et une terre nouvelle où il n'y aura plus de larmes, de cris ni de peine (Ap. 21, 4).  Il en donne des signes probants en guérissant et en pardonnant. Etrangement, cependant, tous ne seront pas guéris. De son vivant tous ne recevront pas le pardon. Jésus ne s'est consacré qu'à la petite portion d'humanité qu'était son peuple, il confie la poursuite de sa mission salvatrice à son Eglise. Celle-ci reçoit la charge de porter la consolation du Christ à toutes les nations. A l'exemple du Maître l'Eglise ne devra pas nourrir l'illusion d'être un miroir aux alouettes, illustration des déviations faciles qui leurrent et blessent davantage encore les personnes qui lui font confiance. Etant faite d'hommes en voie de perfection l'Eglise sait que certains de ses membres peuvent tomber dans ce travers. Elle n'en est pas moins sévére à leur égard qu'à l'égard de toute forme d'abus de confiance.

Guérir pour se convertir et aimer

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     Oui, Jésus annonce le salut et la guérison pour tout homme. Ceci en sa personne. Mais toujours soit en réponse à la foi de l'interressé, soit pour et dans un cheminement de foi qui suscite la foi de l'interessé ou de son entourage. Son but est de conduire à la révélation du Père de toute miséricorde à travers son propre visage en respectant le chemin de chacun.

    Jésus ne promet la plénitude de cette guérison que pour le monde éternel non pour ce monde temporel. La vie terrestre est à ses yeux un long pélerinage vers cette terre promise où il n'y aura plus aucune souffrance. Il parle des souffrances de cette terre comme des douleurs d'un enfantement.

     Il appelle donc ses apôtres à guérir ceux vers qui il les envoit autant qu'à leur apprendre à assumer les souffrances qui demeurent en ce cheminement terrestre. Il appelle ainsi  à assumer les limites et les faiblesses de toute histoire humaine en marchant dans cette espérance d'une vie plénière promise et déjà commencée par la venue de son régne. Ce règne qui ne trouvera son aboutissement qu'à la fin des temps lors de son retour définitif.

    Jésus peut faire cette invitation parce qu'il a pu accomplir ce que Dieu seul pouvait réaliser : tout assumer des misères, des péchés et des souffrances des hommes.Son appel est en conséquence une invitation à aimer comme il a aimé en assumant en solidarité cette souffrance des hommes dans et par son coeur blessé pour nous dont l'Eglise est dépositaire par les sacrements.

 Pour cette mission les attitudes du Christ sont à tenir fermement.

  •         Oui, Jésus annonce le salut et la guérison pour tout homme. Ceci en sa personne. Mais toujours soit en réponse à la foi de l'intéressé, soit  pour et dans un cheminement de foi qui suscite la foi de l'intéressé ou de son entourage. Son but est de conduire à la révélation du Père de toute miséricorde à travers son propre visage en respectant le chemin de chacun.
  •      Jésus ne promet la plénitude de cette guérison que pour le monde éternel non pour ce monde temporel. La vie terrestre est à ses yeux un long pélerinage vers cette terre promise où il n'y aura plus aucune souffrance. Il parle des souffrances de cette terre comme des douleurs d'un enfantement.
  •       Il appelle donc ses apôtres à guérir ceux vers qui il les envoie autant qu'à leur apprendre à assumer les souffrances qui demeurent en ce cheminement terrestre. Il appelle ainsi à assumer les limites et les faiblesses de toute histoire humaine en marchant dans cette espérance d'une vie plénière promise et déjà commencée par la venue de son règne. Ce règne qui ne trouvera son aboutissement qu'à la fin des temps lors de son retour définitif.
  •     Jésus peut faire cette invitation parce qu'il a pu accomplir ce que Dieu seul pouvait réaliser : tout assumer des misères, des péchés et des souffrances des hommes.Son appel est en conséquence une invitation à aimer comme il a aimé en assumant en solidarité cette souffrance des hommes dans et par son coeur blessé pour nous dont l'Eglise est dépositaire par les sacrements.
  •      Dans cet esprit Jésus refuse toujours de faire un signe de délivrance pour prouver sa messianité et sa capacité à conduire l'homme vers sa plénitude. Il ne force l'assentiment de personne. Il ne contraint pas à croire en Lui, à croire qu'il a le pouvoir de guérir.

     Jésus nous offre d'assumer les fardeaux des uns des autres en cherchant par tous les moyens mis à notre disposition à soulager toute souffrance humaine. Pour ce qu’il en reste Jésus nous convie à croire suffisamment pour vivre toute souffrance en Lui afin qu'un jour, par sa victoire définitive et plénière sur la mort, toute souffrance soit transfigurée… «  C'est par ses blessures que nous sommes guéris… » chante l'apôtre Pierre (1 Pi 2, 24)

Padre Pio, serviteur de celui qui est venu pour les malades

13.Assise - San G.R. 09 045

Facade de La Casa Sollievo della Sofferenza

     Padre Pio est un merveilleux exemple de cette révélation du soulagement de la souffrance en la personne du Christ. Il a prié pour de nombreuses guérisons et en a obtenu beaucoup. En même temps il a fait construire un des hôpitaux les plus performants d'Italie pour soigner tous les malades sans exception. En cela il a voulu joindre l'extrême compétence en médecine à la puissance d'amour du Christ manifesté par la prière et les sacrements de l'Eglise.

     Il a refusé d'être pris pour un thaumaturge facile qui ferait briller de faux espoirs. Au contraire il a éduqué les chrétiens et tout homme à assumer la souffrance qui les touchait, à soutenir dans leur propre souffrance l'homme qui peine sous le poids de son fardeau. Jamais il ne l'a fait en dehors de cette perspective de guérir l'homme dans toutes ses dimensions, l'homme promis à la plénitude de la vie en Jésus Christ. Pour cela il a été un remarquable éducateur de la foi appelant d'abord à la conversion qui coupe radicalement les liens avec le péché lesquels tiennent si bien l'homme dans ses filets et le rendent malade.

     A qui ne voulait pas croire en cette révélation de Jésus Christ, Padre Pio n'a pas forcé la main. A celui qui aurait voulu prendre Jésus pour un miroir aux alouettes en dehors d'un vrai chemin de foi et de responsabilité humaine il a détruit tout faux espoir ou s'en est écarté charitablement. Néanmoins il n'a cessé de prendre tout homme, surtout le plus désespéré, dans sa prière et son offrance pour que Dieu ouvre à tous «  la porte de la foi. »  (Ac 14, 27)

              

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